IV.Alternatives déjà en place

Face à ce déferlement de moyens mis en place par les industries pharmaceutiques des moyens existent pour changer ce modèle à notre échelle.

1.Des étudiants se battent

Aux Etats-Unis, la AMSA (american medical student association) a lancé la campagne ‘Just Medicine‘ qui a pour principal objectif de diminuer l’influence des lobbys pharmaceutiques sur les prescripteurs, et ainsi pousser les industries à améliorer la recherche médicamenteuse (au lieu de se concentrer sur le marketing).
Cette association cherche à toucher les étudiants dès leur formation universitaire pour qu’ils comprennent au plus tôt l’impact que peuvent avoir les conflits d’intérêts.
Une étude a été menée entre les facultés de médecine de Yale et de Boston pour voir comment diminuer au maximum les effets des conflits d’intérêts tout en apportant la meilleur information aux médecin sur les nouveaux traitements.
Il en ressort notamment que les praticiens acceptent plus facilement le fait que les conflits d’intérêts puissent biaiser les décisions cliniques dans d’autres faculté, mais beaucoup moins pour leur propre cas.
Il n’appartient qu’aux étudiants en médecine de France de se lancer dans une telle campagne.

2.Différentes sources d’informations indépendantes

Le massilia santé system est « un collectif ouvert et informel de personnes souhaitant réintégrer les problématiques de santé dans le champ du politique et du social » qui propose différentes action dans le champs de la santé. Il n’est pas une source d’information médicale à proprement parler, mais contient par exemple un ensemble de témoignages sur l’influence des lobby pharmaceutiques vécus à l’hôpital.
NB: détail technique, ce site ne présente pas de danger pour votre ordinateur, ils ont simplement décidé d’en gérer la sécurité de l’accès eux même.

3.Différentes manières de développer des traitements

a.La pink army cooperative

Il s’agit de médecine personnalisée, où le traitement du cancer du sein serait fabriqué en fonction de la mutation présente chez chaque patiente, et cela sur le modèle de la conception libre du médicament.
Ce projet prend la forme d’une coopérative à organisation horizontale qui ne cherche pas à faire de profits, mais plutôt à donner les thérapies anti-cancéreuses aux patientes. En échange de cela, la coopérative demande à ce que la patiente partage son expérience avec la communauté.
De plus, il dit vouloir réaliser ces productions de thérapies géniques sur la base de logiciels opensource.[2]
NB: C’est encore à l’étape de projet, et je n’ai que peu de recul sur cette alternative, c’est donc à prendre un peu avec des pincettes.
Un peu dans la même idée de développement libre des médicaments, un chercheur japonnais cherche à développer un traitement anti cancéreux sous licence libre et basé sur des logiciels libre, et financé par crowdfounding.

b.Libérez les prothèses!

Cette fois-ci, il s’agit de prothèses libres . C’est un projet de collaboration autour de la création, du design et du financement de prothèses. Il semble encore actif et possède un wiki ainsi qu’un réseau social pour voir les projets en cours et vous impliquer directement.
De même on peut voir que des hackerspaces travaillent sur des modèles libre et DIY de prothèses médicales.[3]: .

c.La recherche par le jeu et le calcul

  • BOINC ( Berkeley Open Infrastructure for Network Computing) est une plate-forme de calcul distribué. De manière concrète, il s’agit d’un logiciel à installer sur n’importe quel ordinateur, de choisir un projet de recherche scientifique qui vous plaît (par exemple la recherche sur traitement contre le paludisme) et de laisser faire le logiciel. Ainsi votre ordinateur (selon les paramètres que vous aurez choisis) calculera lors de moments d’inactivités des données envoyées par ce projet, puis il renverra ses résultats, etc. Vous participez donc directement à la recherche médicale à travers un logiciel open source! Et vous permettez aux chercheurs de bénéficier d’un énorme calculateur à moindre frais, engendrant un moindre coût à la production de traitements et donc un moindre coût à la vente.

Il existe un véritable communauté francophone autour de ce projet.

  • Fold It est un jeu de repliement de protéines. C’est un simple puzzle en 3D, mais dont les statistiques d’utilisations et résultats sont envoyés à l’Université de Washington pour mieux comprendre comment se forment les protéines en 3D à partir du code génétique. C’est ainsi qu’un joueur a pu aider faire avancer la recherche contre le VIH:
« Bloqués depuis plus de 10 ans par la complexité de la protéase rétrovirale du virus M-PMV (Mason-Pfizer monkey virus), les chercheurs n’arrivaient pas à trouver sa structure tridimensionnelle. Cette structure est essentielle pour identifier des « sites » potentiels que pourraient cibler des protéines-médicament. Ils ont alors décidé de passer par Fold-it et au bout de 3 semaines seulement, la revue Nature Structural & Molecular Biology publie la structure 3D de l’enzyme, citant au passage les « joueurs » ayant participé à sa découverte comme coauteurs. Maintenant les biologistes peuvent commencer à chercher des molécules (protéines) capables d’inhiber cette protéase. Si une telle molécule est trouvée, la reproduction du VIH serait empêchée et l’infection stoppée. »
  • Eterna est un jeu de construction d’ARN en ligne maintenu par l’université de Stanford.

4.Aides à la gestion d’un cabinet

 

Au quotidien, l’outil informatique est de plus en plus utilisé pour gérer les dossiers des patients, aider à la prescription, coder les interventions…

Cependant, pour éviter le risque de publicités intrusives au seins des logiciels d’aides à la prescription, la non assurance d’intégrité des données entre logiciels[4], des alternatives libres existent[5]:

  • une suite logicielle développée par l’association freemedforms.com;
  • une jeune association ayant pour but de promouvoir l’intérêt des logiciels libre en santé: librehealthcare.

 

V.Fin?


[1]: Le journal, et le blog.

[2]: Pour aller plus loin:

[3]: Un hackerspace niçois

[4]: plusieurs plaintes dans la partie ‘Forum’ de la revue Prescrire de Décembre 2014 font références à ces pratiques

[5]: Pour vous aider à saisir l’intérêt des logiciels libres en santé, je vous recommande la lecture de cette thèse: Libre et Santé.Comprendre le logiciel libre et ses enjeux pour les professions de santé

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